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mardi 29 juin 2010

Enter the Void

Gaspard Noé - 2010 - MK2 Bibliothèque

Noé aurait-il murit ?
Nous voilà avec le même message dans un film cent fois plus sensible que les autres.
Le même message ? Mais c'est quoi le message ?
Je serais sur-dimensionnée de l'ego de le donner, mais je vois là de l'amour, et je vois là un monde pourri.
N'est-ce pas là tout le cinéma de Noé : comment l'amour, si pur, survit dans un monde aussi pourri, aussi violent.
Dans ces précédents films, Noé nous montrait un amour pur, presque naïf, presque désuet, en tout cas commun et familier : l'amour d'un père pour sa fille, l'amour d'un mari et d'une femme... Le tout brusquement (ou pas) basculé dans une violence froide, sombre, ou survivant à peine dans un monde vomissant.
Un avant-gout...
Dans The Void, l'amour n'est pas pur mais universel, et bien moins caricatural : les hommes donnent du plaisir aux femmes dans un "hotel de l'amour" coloré, même les stripteaseuses sont traitées avec respect (on s'attend souvent à voir un mec en coller une à une femme, mais non, en fait il est -vraiment- amoureux, même si c'est son mac), bref, un traitement de la vision de la femme, du couple, totalement différent voire même inédit, qui n'est pas pour me déplaire.
Et les couleurs, l'image, on ne sait plus trop où on est, les codes sont explosés, et c'est ce qui rend ce film si universel et si moderne.
Noé a toujours été féministe (haha), mais qu'est-ce qu'il était maladroit !
Je m'attends à ce qu'on veuille me choquer encore, j'ai été surprise, excellent.

mardi 13 avril 2010

Le clitoris, ce cher inconnu

Documentaire - Canal+ VOD - M. Dominici, V. Moszynski, S. Firmin

Un film très intéressant qui étudie le clitoris dans sa globalité : histoire, fonctionnement, usages, anatomie, sociologie, psychologie...

Quelques infos que j'ai retenues :
On croit que le clitoris n'a pas d'utilité dans le reproduction, c'est ainsi que notre société judéo-chrétienne l'ignore. Dans la Grèce antique Hippocrate a commencé l'étude de l'anatomie et conseillait aux couples sans enfants de stimuler le clitoris. Par la suite, même si l'église ne voyait pas d'un bon œil tout ce qui n'était pas en rapport direct avec la procréation, les médecins continuait à le conseiller.
Cependant, en 1875, lorsque la science évolua et qu'on découvrit les mécanismes de la reproduction et le fonctionnement des organes génitaux, le clitoris fut oublié, bannit, et en 1948 on ne le retrouvait même plus dans les livres d'anatomie.

Freud, lui, n'a pas remis en cause l'intérêt orgasmique du clitoris, mais disait que la maturité impliqué un transfert de l'orgasme du clitoris vers la vagin. Ainsi, il prétendait que toutes les femmes qui n'arrivaient pas à avoir d'orgasme vaginal étaient tout simplement immatures, et donc avait de gros problèmes psychologiques à résoudre...
Quand on pense que seulement 30% des femmes ont des orgasmes vaginaux...

De nos jours, on sait que le clitoris est très proche du pénis, que c'est le tissu le plus sensible du corps humain, qu'il contient 4000 terminaisons nerveuses de chaque coté, et donc 8000 en son "bout", plus qu'un pénis qui en contient 4000 à 6000.
Des études tendent à montrer que sans clitoris il n'y a pas de plaisir et que même le plaisir vaginal vient du clitoris, qui est bien plus grand que ce que l'on croit, cf. schéma.

"La morale est souvent venue troubler l'objectivité ds savants".
A la renaissance, "La nature a déposé une bête dans les parties intimes des femmes" (Rabelais). A l'époque des chasses aux sorcières, un grand clitoris était pris pour la marque du diable, puis les démons ont été remplacés par les déviances ; au 19ème le lesbianisme et la nymphomanie sont considérées comme des maladies, la masturbation provoquerait jaunisse, cécité et mort prématurée, l'excitation sexuelle tendrait à détruire le mental des femmes, et le clitoris est jugé responsable par le président de la Britih Medical Society. Il préconisait alors son ablation. Des milliers de femmes fut ainsi excisées.


Une étude récente et dont la mise en œuvre est montrée dans le documentaire nous démontre que toutes les femmes (sous réserve de problèmes physiologique) peuvent avoir des orgasmes, de manière rapide et quasi automatique. Il montre aussi que de manière automatique l'afflux sanguin dans le vagin augmente avec un stimulus sexuel (ici un film érotique), mais que les femmes ne s'en aperçoivent pas tout de suite, elles n'ont pas l'impression d'être excitée, mais que les stimulus ont la même action rapide (quelques secondes suffisent et ceci même si on n'aime pas les films érotiques), un peu comme les hommes quoi ! Incroyable !

J'aime beaucoup l'intervention d'une femme :
"On surestime le pouvoir des filles, qui est mince comme du papier, et en dessous on trouve toujours le même niveau d'impuissance et la même incapacité d'assumer leurs décisions et leurs besoins. Je pense que nous devrions insuffler le féminisme dans la vie des filles, ainsi que la notion de droit, le droit de faire des choix, de refuser de se comporter et d'être comme on l'attend d'elle. Un des droits des filles est de situer leur propre plaisir au centre de leur vie, avant leur responsabilité vis-à-vis des autres. (...) Elles ont besoin d'affirmer un peu plus leur droit au plaisir."

On apprend que la meilleure thérapie pour les troubles sexuels féminins est la masturbation dirigée, ou comment apprendre à se masturber, et ainsi se connaitre mieux, car les femmes semblent quand même avoir besoin d'avoir une connexion entre leur excitation et son acceptation psychologique. Apprendre à se masturber, s'est trouver son équilibre, un peu comme le vélo, on n'oublie jamais !

Une autre intervention essentielle :
"Vous savez ce qui sous-entend le plaisir chez les femmes ? Que l'homme vide la poubelle. Que l'homme s'intéresse aux enfants, que l'homme se rappelle la date d'anniversaire de la mère de la femme, ça créé une sorte de sensation spécifique à la femme, celle de se sentir aimée, d'être en sécurité, de sentir qu'il s'agit d'une homme qui s'intéresse vraiment à elle en tant que personne, cela tranquillise énormément une femme de sentir en sécurité et d'être aimée de cette façon, et beaucoup de phénomènes physiques intéressants peuvent en découler. Ainsi l'idée que la sexualité est une chose qui se pratique au lit est une très grosse erreur, la sexualité c'est quelque chose qui nait de la relation entre deux personnes, une relation entre deux personnes ça se construit 24h par jour et 7 jours par semaine."

Conclusions :
Je trouve ça intéressant de mixer ce documentaire au précédent, car ça donne un état trans-genre naturel beaucoup plus important que ce que l'on croit (les hommes ont besoin de douceur et les femmes sont lubriques hihi) et renforce l'idée d'une pression sociale et historique beaucoup trop importante.

lundi 12 avril 2010

Tous les mêmes

Documentaire - Michel Reilhac - Canal+ VOD

Des hommes nus mais en plan serré nous parle de leur état d'homme, de la virilité, de leur sexe et de leur sexualité.

- Je baise, et après je deviens un peu plus humain

- On t'a jamais appris à faire l'amour mais tu sais que tu vas pénétrer.

- Il faut que tu tiennes la distance, que tu fasses crier l'autre, que tu deviennes mec quoi.

- Mon corps m'appartient mais mon sexe m'appartient quand il veut.

- Les femmes ne se rendent pas bien compte que ce sexe extérieur à nous même est difficile à canaliser, qu'on ne le maitrise pas.

- On décide pas grand chose avec notre sexe, il faut qu'il soit d'accord.

- Ça peut être gigantesque comme tout petit. Quand c'est petit c'est dérangeant, au niveau macho, au niveau de l'homme, de la virilité. Le sexe il faut qu'il soit... C'est pour ça qu'on a beaucoup de mal à assumer, c'est toujours perturbant quand t'en vois un plus gros que le tien.

- J'aurais envie de savoir ce que ça fait d'avoir un sexe plus gros plus long, plus balaise.

- Ça a de l'importance pour les hommes, mais pour les femmes c'est pas important, sauf trop grand ou trop petit, mais une fois qu'on a vu que ça a pas d'importance... (Ndlr : hahaha)

- On n'est jamais sûr, autant les filles ou nous on est sûr de ce qu'on a ressenti puisqu'on éjacule, autant on n'est jamais sûr de ce que ressent une fille, un mec pour pouvoir baiser il faut bander, donc il y a excitation. Une fille n'a pas besoin, le sexe d'une fille y bande pas, il peut être excité mais même s'il ne l'est pas elle peut baiser, puisque c'est un trou on rentre dedans et puis voilà, alors on peut pas savoir ce que la fille ressent, elle peut faire semblant. (Ndlr : je plains sa partenaire...)

- Une fille elle reçoit le sexe de l'homme, c'est un véritable don de soi. (Ndlr : il y a une certaine contradiction dans cette phrase)

- La femme a moins de problème. Même si elle a pas envie elle est capable de faire plaisir à son partenaire. Mais moi j'y arrive pas (il se dit éjaculateur précoce). Ndlr : OMG

- Quand je pénètre j'ai l'impression que je m'éloigne de l'amour.
Cet homme dit également auparavant qu'en repensant à certains moments d'acte sexuel, quelques temps après, il trouve ça trop animal. Je pense que cet homme à besoin d'amour :)

HPG, un acteur porno :
- C'est pas une fin en soit, il ne faut pas obligatoirement chercher à avoir un orgasme, le plaisir d'être contre l'autre est déjà amplement suffisant. Des fois je suis avec une nana, j'éjacule pas, elle est désespérée je lui dis mais non c'est pas grave, j'éjaculerai plus tard, mais je suis content d'être avec toi. J'ai pas joui mais ce n'est pas très important. Pareil pour la fille. Les orgasmes on les aura si on est vraiment amoureux l'un de l'autre mais sinon...

- Moi ce que j'aime c'est quand une femme est allongée près de moi avec la tête sur mon épaule et qu'elle arrive à se sentir en sécurité, là je sens mon rôle homme. Même sans... mais bon c'est vrai que ça passe souvent après une pénétration, c'est quand même un petit peu lié, mais c'est là que je me sens une homme.

- Le sexe faut l'assumer, ne pas avoir de sexe c'est une liberté pour moi.

Un homme nous dit qu'on a deux façons de faire la fête : aller dans une soirée, boire manger, et aller dans un temple. "Et quand on fait l'amour on rentre trop souvent dans une sorte de bordel au lieu d'aller dans une église, faire l'amour ça devrait être comme pousser la porte d'une église et avoir le même parcours d'évolution. La plupart du temps on pousse pas la bonne porte."

Conclusions ?
Bah moi je trouve que ces hommes ont l'air d'être souvent embêtés avec leur organe et qu'ils ont une pression d'enfer, qu'ils ont l'air de manquer d'amour simple, doux et qu'ils ont l'air d'être obligés d'être des "performateurs", qu'ils manquent de confiance en eux et que comme leur bite est le symbole de leur virilité, et qu'ils n'ont pas l'air de la maitriser, et qu'ils la trouvent trop petite, ils se sentent comme des merdes. (Bon sauf peut-être HPG héhé) Les filles je pense ne les aident pas à se sentir mieux faut dire.
Pauvres de nous, amen.

mardi 22 décembre 2009

Parlez-moi de la pluie

de Agnès Jaoui - 2008 - avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri ,Jamel Debbouze
Canal+ VOD

J'aime, j'aime, j'aime !

Le pitch : Agathe Villanova, féministe nouvellement engagée en politique, revient pour dix jours dans la maison de son enfance, dans le sud de la France, aider sa soeur Florence à ranger les affaires de leur mère, décédée il y a un an. Agathe n'aime pas cette région, elle en est partie dès qu'elle a pu. Les impératifs de la parité l'ont parachutée ici à l'occasion des prochaines échéances électorales. Dans cette maison vivent Florence, son mari, et ses enfants. Mais aussi Mimouna, femme de ménage que les Villanova ont ramenée avec eux d'Algérie, au moment de l'indépendance...

Un film qui se veut sans message particulier, mais qui est particulièrement juste. On navigue entre franche rigolade et tendresse, avec des moments tout à fait anthologiques, genre Bacri et Jaoui, défoncés au pétard, en train d'observer une fourmi, sous fond de discours anti-politique et féministe, ou chez un gentil agriculteur accueillant qui tout à coup se transforme en acerbe militant et qui en 2 phrases nous résume "le problème paysan" (à Bruxelles se sont tous des technocrates, ils en ont rien à foutre, ils nous gavent de subventions pour nous maintenir en vie comme des indiens dans leur réserve, et la pluie depuis 3 semaines, on n'en peut plus !) devant une Jaoui effondrée (-m'enfin le temps qu'il fait c'est pas la faute des politiques, - mais bien sûr, rien n'est jamais de votre faute)... Le nombre de sujets abordés est impressionnant, mais le fait qu'ils soient plutôt survolés ne me dérange pas, car j'y ai ressenti toute la complexité de la vie, de l'humain, des rapports sociaux, de la ségrégation raciale et sexuelle, tout ça mélangé à l'amour, la confiance, le respect de l'autre et de soi-même, la complicité.

J'aime, j'aime, j'aime.

vendredi 27 novembre 2009

Pan

Home, avec Isabelle Huppert
Darling, avec Marina Fois

Deux bonnes claques.
Prends ça dans tes dents.

mercredi 25 novembre 2009

Besoin urgent

Les hommes sont TOUS des lâches.

Sauf le mien, mais c'est une autre histoire...

dimanche 2 août 2009

Juste un rappel de temps en temps

Extraits de feesdulogis.net "10000 raisons... d'être féministe"
http://www.feesdulogis.net/10000.html
J'en choisi comme ça... soit des qui me font rire soit des qui me sont personnelles...

16/ Pour que lorsqu'on est quatre copines à se promener dans une rue, il ne se trouve plus de petits malins qui nous disent "alors, mesdemoiselles, vous êtes toutes seules ?", parce que non, nous ne sommes pas toutes seules, nous sommes quatre.

18 / Pour qu'on ne me dise plus : kesske t'es douée en informatique… pour une fille !!!

22 / Pour qu'on ne dise plus aux petits garçons qui pleurent qu'ils sont des fillettes.

26 / Pour qu'on arrête enfin de demander à la fille qui est énervée "T'as tes règles ?!", parce qu'elle non, mais moi oui et alors ?

33/ Parce que si on préfère se débrouiller toute seule, ce n'est pas qu'on a mauvais caractère, c'est juste qu'on n'a plus 2 ans.

39/ Parce qu'une femme qui discute n'est pas forcément une emmerdeuse.

50/ Pour qu'on laisse enfin tomber les formules juridiques aberrantes telles que l'obligation de se comporter "en bon père de famille". Je vous jure, ça figure sur mon bail de location d'appartement, je suis une jeune femme de 25 ans, avec un chat à charge et je dois me "comporter en bon père de famille"… J'ai du mal à me mettre dans la peau du personnage certains jours… ;)

51/ Pour qu'on ne demande plus à une femme qui travaille "Mais qui est le chef de famille dans votre foyer ?", parce qu'on n'est pas chez les scouts et qu'il n'y a pas de chef dans la famille…

56/ Pour que le féminin de "assis devant la télé" ne soit plus "debout dans la cuisine".

60/ Pour qu'un papa ne se sente pas mal à l'aise quand sa petite fille lui demande de lui montrer, à elle aussi, comment on fait pour changer le joint d'un robinet de la salle de bain.

71/ Pour que "la fille" ne soit plus un terme insultant pour les garçons et que "garçon manqué" ne serve plus à désigner des filles épanouies, sportives avec des bleus aux genoux et des billes dans les poches.

76/ Parce qu'il y aura vraiment égalité des sexes lorsque des femmes incompétentes occuperont des postes à responsabilités


80/ Parce que moi aussi je veux pouvoir dire "Nom de Dieu de bordel de merde !" quand j'en ai envie sans qu'il y ait un crétin pour me dire, avec un air douloureux, que "dans la bouche d'une fille, c'est pas beau ça". Parce que dans la sienne c'est plus joli peut-être ??

84/ Parce qu'il est agaçant de constater que dans les contes de fées de notre enfance, ce sont toujours les jeunes filles qui espèrent et attendent le prince charmant, qui mettent leur vie entre parenthèses jusqu'à son arrivée et ce dernier ne trouve rien de mieux que de les engrosser à répétition pour les rendre heureuses. "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants…"

86/ Parce que c'est vraiment trop injuste que l'on demande toujours à mon frère s'il "profite bien de la vie" et à moi : "quand est-ce que tu te maries?"

97/ Parce que j'aimerai entendre ma mère dire plus souvent, ou dire au moins une fois : "Alors, qu'est-ce qu'on bouffe ce soir ?" Et de se permettre de critiquer : "c'est trop froid, pas assez cuit…"

104/ Pour que, sexuellement, ce ne soit plus la femme qui se donne et l'homme qui prend.

107/ Parce qu'une femme qui assiste seule à une séance de cinéma n'est pas forcément une désespérée.

122/ Pour qu'on ne serve pas aux adolescents mâles une double ration de viande sous prétexte qu'ils sont en pleine croissance et qu'ils se dépensent (parce que les adolescentes, elles font juste point de croix à temps plein ?).

125/ Pour qu'une femme ne soit pas jugée professionnellement sur son maquillage, du genre : pas de maquillage = lesbienne hystérique qui fait chier le monde ; trop de maquillage = pétasse écervelée à 2 neurones ; maquillage léger = bècebège coincée du cul et fadasse.

129/ Pour que les jeunes filles arrêtent de croire les contes de fées, car, NON, le crapaud qui fait des blagues sur les blondes et rote sa bière devant le foot en replaçant ses valseuses ne se transformera pas en prince charmant si elle l'embrasse devant monsieur le maire.

156/ Pour que le commercial de ma boîte ne me regarde plus comme un ahuri en s'exclamant "Tiens, ça joue a Quake (un jeu video très violent où il faut tuer tous ses collègues) les filles maintenant ??". Non, abruti, il faut mettre son pénis dans le CD-ROM pour que le jeu s'enclenche alors les filles ne peuvent pas jouer !

164/ Parce que ca sert à rien de me regarder avec un air de chien battu en disant "J'ai plus de chemises propres" / "Y'a plus rien dans le frigo".

167/ Parce que moi je te connais pas alors d'où tu te permets de crier du trottoir d'en face : "Ah mais c'est la gouine de l'autre soir. Elle est où ta copine?"

182/ Parce que quand je dis non, c'est non. Mais aussi pour que lorsque je dis quelquechose , on m'écoute et on en prend note.

185/ Parce que je ne suis pas chiante, je suis exigeante. Nuance!

196/ Pour qu'on ne dise plus à mon mari: "Ouais, t'es féministe pour qu'elle te foute la paix" Non, crétin, il était féministe bien avant que je ne le rencontre et c'est pour ça (entre autre) que je l'ai épousé.

202/ Pour que mon banquer ne me sorte plus jamais :
"Donc Monsieur est titulaire du compte et Mademoiselle (j't'en foutrais des mademoiselles) est co-titulaire.
- Pourquoi ?
- C'est plus pratique.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est toujours comme ça qu'on fait"
Eh ben il est tant que ça change !

206/ Pour qu'on arrête de me prendre pour Superwomen quand je bois cul sec un demi et pour la reine de l'Univers pour une pinte.
Ndlr : SPÉCIALE DÉDICACE HIHI

211/ Parce que y'en a marre de répéter que, non, ça n'est pas un problème de frigidité, si ça ne marche pas comme ça!

220/ Parce que je ne supporte pas les talons hauts qui me font mal au dos en 10 minutes et avec lesquels je n'arrive pas à marcher de toute facon.

224/ Parce que ma mère à été institutrice 30 ans en élevant ses 4 enfants, sans congé maternité, en faisant ménage, cuisine, courses, sorties et autres, en payant le logement (de fonction) à la famille et que mon père, prof donc ayant moins d'heures n'a jamais levé son cul.

230/ Pour qu'on cesse de prétendre que c'est le spermatozoïde le plus fort, le plus rapide qui parvient à entrer dans l'ovule : en définitive, c'est l'ovule qui choisit parmi ceux qui ont réussi à arriver (NDLR : eh ouais !).

246/ Parce que j'en ai marre de voir Georges sortir Popol dès qu'il a une envie (pressante??) et ce en pleine rue, à coté de l'arrêt de bus ou sur une aire d'autoroute qui de surcroît est equipée de sanitaires !!!

248/ Parce que les vélos pour les petites filles sont rouges ou roses avec un joli petit panier alors que ceux des garçons sont à plusieurs vitesses.

249/ Parce qu'il y a encore des femmes qui préparent les affaires de leur mari (pantalon, T-shirt, slip, chaussettes…) la veille "sinon il ne trouve pas le pauvre". Il faudrait arrêter l'assistanat !

259/ Parce que pour connaître l'histoire des femmes il faut suivre un enseignement optionnel.

273/ Parce que dans le nouvel en-tête de mon mail j'ai demandé à ce que "Chargé d'Affaires" soit corrigé en "Chargée d'Affaires". L'ahuri d'en face m'a fait les yeux ronds de merlant frit, semblant ne pas comprendre le sens de ma requête. à cette requête, on m'a répondu que c'était pas grave, et que ça ne valait pas le coup de changer tous les en-têtes… No comment…

293/ Pour que les hommes n'aient plus peur de ne pas bander.

294/ Pour que la tendresse admissible entre mecs ne leur déboîte pas forcément l'épaule.

300/ Parce que le 8 mars c'est un jour de fête et 364 de gueule de bois.

308/ Dans les mêmes situations, parce que j'en ai marre d'entendre « Tu joues au rugby ? Je peux venir voir vos ébats dans la boue? », ou pire « Et vous jouez en porte-jaretelles et soutien-gorge en dentelle? ». Et mon poing, il est en dentelle aussi ?

318/ Parce que j'en ai marre d'entendre « Vous vous êtes la patronne, la femme du patron, moi je veux parler au patron ! »

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324/ Parce qu'on m'a toujours traitée de sale féministe avant même que je sache ce que ça veut dire.

325/ Pour qu'avoir des enfants soit un choix reconnu et pas une obligation sociale à effectuer avant 30 ans.

326/ Pour qu'on arrête de me dire que travailler dans une école, c'est bien pour une fille.

327/ Pour qu'on arrête de penser que les femmes ne peuvent pas avoir de relations sexuelles épanouies sans pénis (même dans certains magazines gays et lesbiens).

328/ Pour que je n'entende plus dire par un copain : « je suis pas machiste, je fais le ménage chez moi »

329/ Pour ne plus entendre une épouse souhaiter la mort de son époux parce que c'est la façon la plus simple de s'en débarrasser. (Essentiellement pour les femmes n'ayant jamais eu de travail salarié).

330/ Pour ne plus entendre un vieux porc me dire qu'en passant 6 semaines avec lui je deviendrais une « vraie » femme. Pourquoi ? Je suis pas réelle ?

331/ Pour pouvoir sourire à un mec sans qu'il se croit autorisé à me mettre la main aux fesses.

332/ Pour qu'on ne me dise plus que je ne trouverai jamais de travail parce que je porte des jeans et des pulls.

333/ Pour qu'on ne me dise plus que je cherche un mec parce que je porte une jupe.

334/ Pour avoir plus d'une copine réellement consentante lors du premier rapport sexuel.

335/ Pour qu'aucune pseudo-féministe ne vienne m'expliquer qu'elle va chez l'esthéticienne se faire épiler afin qu'on ait pas une mauvaise image d'elle.

336/ Pour que cette même personne puisse aller chez l'esthéticienne pour le plaisir.

337/ Parce que j'ai droit à la joie.

338/ Parce que l'amour.

339/ Parce que s'épiler ça fait mal.

340/ Parce qu'être féminine aussi.

341/ Pour qu'on arrête de me demander ce que pense mon copain du fait que je fais du stop. C'est mon affaire pas la sienne !

342/ Parce que j'ai appris qu'une fille devait s'épiler, à coup d'insultes.

343/ Parce qu'on m'a souvent dit qu'une fille, c'est faible et fragile et que ça m'a longtemps empêchée de vivre.

344/ Parce qu'on m'a longtemps dit que les filles, c'est garce entre elles et que ça m'a longtemps empêchée d'avoir des copines.

345/ Parce que les mecs aussi savent dire non. (Donc quand vous retrouver votre mec au pieu avec une autre ce n'est pas la peine de s'en prendre à la fille.)

346/ Parce qu'il y en a marre de certains mecs qui vous donnent des leçons de féminisme pendant que leur sœur fait leur repassage.

347/ Parce qu'un jour un mec m'a dit qu'il ne voulait pas d'une fille-garage mais de sa propre voiture.

348/ Pour pouvoir inventer ma vie sans contrainte.

349/ Parce que je n'ai pas envie d'habiter avec mon copain entre 20 et 25 ans, de me marier à 25 et de faire des enfants entre 25 et 35 ans.

350/ Parce que si j'avais été consciente plus tôt je ne serais peut-être pas dans une section à 90% de filles.

351/ Pour qu'on ne me dise plus que tous les fœtus ont été des filles et qu'après pour certains les choses sérieuses ont commencé. Jusqu'à trois mois les sexes des fœtus ne sont pas formés.

352/ Pour qu'on ne me dise pas qu'UNE sexe est rien ou qu'un trou. Figurez-vous que c'est plus compliqué que ça.

353/ Parce que comme l'écrasante majorité d'entre nous, je connais le terme scientifique désignant les sécrétions masculines mais pas celui désignant les sécrétions féminines.

354/ Parce que des femmes se font restaurer l'hymen avant leur mariage.

355/ Parce que MA sexe aussi peut faire des choses formidables.

356/ Parce que « 99 fois sur 100, la femme s'emmerde en baisant »

357/ Pour que des mecs soi-disant féministes ne prennent pas leurs mères pour des hystériques quand elles se plaignent du ménage.

358/ Parce que j'aime les enfants mais je veux faire autre chose.

359/ Pour qu'on ne me réponde plus que j'ai de la chance que mes parents n'aient pas dit la même chose.

360/ Parce que maman est fatiguée.

361/ Parce que papa ne fait à manger que lorsqu'il reçoit des amis.

362/ Pour qu'on arrête de me traiter de monstre parce que je largue systématiquement les possessifs et les collants.

363/ Parce que contrairement à ce que disent certains magasines masculins je n'ai pas de prix. C'est gratuit quand je veux et impossible quand je ne veux pas.

364/ Parce que je ne regarde jamais les mecs quand je vais en boîte.

365/ Pour qu'on puisse aller en boîte sans avoir l'impression d'être dans un marché aux bestiaux.

366/ Parce que ça m'énerve quand je rembarre un mec et qu'il me dit : « ouais mais t'as provoqué, t'as vu comment tu danses/ comment tu t'habilles ! »

367/ Parce que tonton est facho, tata se la ferme et cousin devient dingue.

368/ Parce que sans le féminisme, quoiqu'on fasse les machistes trouveront toujours une raison pour nous traiter de salopes.

369/ Parce que Christian Lacroix et J.P Gaulthier sont des hommes et leurs « petites mains » des femmes.

370/ Pour pouvoir m'asseoir comme je veux.

371/ Parce que je suis fan de Anne Bonny et de Mary Read (pirates)

372/ Parce que je viens de tomber sur une page internet qui titrait « femme jusqu'au bout des seins »
373/ Parce que je passe beaucoup de temps à m'excuser quand je parle en public

374/ Parce que lorsque j'ai un mec, je n'arrive pas à m'empêcher de vivre à travers lui.

375/ Parce que je n'arrive pas à me débarrasser des réflexes machistes engendrés par notre société et ça m'énerve.

376/ Parce que le machisme, c'est l'aliénation de la femme.

377/ Parce que dans Un Gars une Fille, elle n'arrête pas de gueuler pour qu'il fasse des trucs qu'elle pourrait très bien faire seule.

378/ Pour que ce soit aussi souvent les mecs qui déménagent pour suivre leur copine que l'inverse.

379/ Pour ne plus entendre une phrase telle que : « une femme de 40 ans qui a des enfants ne se laisse plus pénétrer »

380/ Parce que l'opération permettant la stérilisation des hommes est plus simple que l'opération entraînant la stérilisation des femmes (ligature des trompes) et que pourtant, lorsqu'un couple décide de ne plus avoir d'enfant, c'est majoritairement la femme qu'on opère.

381/ Parce que GAM, un groupe de musiciens belge a écrit « Ne te laisse pas prendre à l'idée que l'amour soit fait pour t'écraser. Je veux aimer et être aimé en liberté. »

382/ Parce que je vous jure que toutes les anecdotes que je vous ai envoyées sont vraies et que c'est quand même désolant.

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408/ Parce qu'il y a des jeunes qui font le bordel devant chez moi la nuit et quand je suis allée les voir à une heure du mat' pour leur demander gentiment de baisser la musique, je me suis fait traiter de tous les noms, y en a même un qui voulait me « trouer la chatte » pour me « calmer », je ne vois pas le rapport avec le tapage nocturne !!!

411/ Parce que j'ai offert une poupée à ma petite sœur et que je la conditionne de ce fait dès l'enfance à accomplir son « devoir » envers la société : devenir mère.

452/ Parce que la télé nous reflète l'image de la société : Turbo sur le salon de Frankfurt : " Des voitures si belles que les jolies filles aiment s'y installer " (en nous montrant une coco-girl très sexy) ; bien sûr couillon, sauf que, celles-là, elles sont payées pour montrer leur cul en montant dans les voitures !!!

453/ Parce que selon la même émission : " une voiture suffisamment puissante pour plaire au père et assez pratique pour contenter le reste de la famille ", ben tiens : ta femme, ton chien, ta valise, bref, les accessoires de Monsieur qui n'ont rien à dire !!!

463/ Parce que les tables à langer sont toujours placées dans les toilettes réservées aux femmes… du coup soit les hommes se font traiter de voyeurs s'ils osent y pénétrer soit ils laissent le soin de le faire à leurs compagnes soit ils laissent les bambins avec le derrière crado !!! Reste le capot de la voiture, mais bon…………

467/ Pour qu'on arrête enfin de faire des blagues sexistes en me regardant du coin de l'oil pour ensuite me pousser du coude en me disant que je n'ai pas d'humour.
Déjà la première fois que j'ai entendu la blague, je ne l'ai pas trouvée spécialement hilarante, mais à la 687923e tentative, il ne faut pas s'attendre à ce que je m'esclaffe. Même pour faire plaisir.

473/ Pour que les hommes et les femmes, les hommes et les hommes, les femmes et les femmes n'aient pas de choix à faire par rapport à leur sexe…

497/ Pour qu'un jour, aux petits garçons qui, dans la cour de récré, leur disent : « Je sais comment on fait les bébés. », les petites filles répondent : « Moi, je sais comment on n'en a pas. »

C'est tout pour aujourd'hui !

vendredi 31 juillet 2009

L'Effet Papillon 11/07/09 (pas sûr)

L'effet Papillon - Canal+ - VOD - édition du 11/07/09 (?)

L'effet papillon est un magazine de reportages plus ou moins géopolitiques le plus censé que je connaisse. C'est d'ailleurs le seul truc de télé que je ne rate pas trop, enfin presque (vive la VOD). Bien sûr c'est assez rapide, ce n'est pas parfait, mais c'est sobre et j'aime ça, j'aime le choix des sujets, j'aime le présentateur :)

Alors cette semaine... hop c'est parti :


PASSE TON DJIHAD D'ABORD - Sofia Amara - Thomas Zribi

A Beyrouth, on compte parmi la garde du Hezbollah les "scouts du Mahdi" : 60.000 mômes de 6 à 16 ans, bon bourrage de crâne dès le berceau ("ils baignent dans la résistance dès qu'ils sont au sein"), beaucoup issus de famille de "martyrs" ("Tu veux faire quoi plus tard ? Comme papa !")

Points levés, on leur demande ce qu'ils veulent faire plus tard : "je veux devenir combattants du Hezbollah, dans la résistance"

Ah ouais super gamin ta vie est trop bien. Allez ma fille va faire un stage au lieu de jouer aux Petshop, pourrie gâtée !

J'en parlais il n'y a pas longtemps (mais au sujet du conflit israélo-palestinien, m'enfin c'est pareil non ?), justement, de ces conflits au Moyen-Orient qui ont l'air de jamais trouver de fin à cause (entre autres... parce que faut pas oublier le pouvoir, l'argent et la religion) de l'endoctrinement / du contexte de naissance (soyons politiquement correct) des nouvelles générations.
Ici, l'offensive (je mets en italique parce que c'est une expression tout à fait journalistique...) israélienne d'il y a 2 ans a renforcé La Haine : "Le Hezbollah grandit sur les ruines de la guerre".

Images d'une réunion pour les 6-8 ans : discipline, prière... apprentissage de ce qu'il faut faire quand on part pour devenir un martyr : "Que faut-il faire en dernier les enfants ?" Réponse en coeur : "Dire au revoir à sa maman !"
Gloups !? Y aurait pas comme un problème là ? Rewind...

Pour les filles : voile obligatoire à 8 ans.

"Le Hezbollah est là pour nous défendre et défendre notre religion."

Dans les livres d'éducation : on apprend à reconnaitre l'ennemi : Israël.
Mais à part ça : "C'est un mouvement civil et éducatif". Sauf que la priorité est donné à l'apprentissage de la religion et des valeurs du Djihad.
"Ce sont les martyrs en formation".

Un bon matraquage idéologique qui mélange tout, ça fait une bonne génération de petits soldats lobotomisés prêts à prendre la relève.
Allez hop c'est reparti pour un tour. Eclatez-vous bien la gueule, ça fait plaisir au grands de ce monde.


DU GOUDRON ET DES PLUMES - Cyprien d'Haese

En Equateur, une partie de la région amazonienne grosse comme 1/4 de la France est contaminée par l'exploitation du pétrole depuis 40 ans.
L'exploitation s'est faite par la firme Texaco, maintenant Chevron Texaco (vous savez bien, une de ses multinationales pleines de thunes proches des gouvernements, qui exploitent le monde, ses ressources et ses humains, au profit d'une poignée de connards)

Donc tout le problème se situe au niveau des déchets pétroliers, qui s'infiltrent partout et qui contaminent l'eau, et comme bah y a pas d'eau courante mais qu'elle vient des puits de la région bah y a plein de maladies et de morts : 2 fois + de cancer, et les malades meurent 4 fois + qu'ailleurs.

Le gouvernement équatorien a porté plainte (et c'est assez inédit qu'un pays "pauvre" porte plainte contre une multinationale), l'amende encourue pourrait être de 6 milliards d'euros, et ça fait 15 ans que ça dure.

Mais non, en fait, le pays n'est pas "pauvre", car niveau ressources naturelles il a plein de pétrole, et oui ! Le pétrole se trouve au cœur de la région amazonienne, vous voyez à quoi peut ressembler la forêt amazonienne, le poumon de l'humanité ? Bah vous prenez la même image et vous ajoutez plein de trucs poisseux et noirs partout.
Donc ces déchets pétroliers proviennent des divers oléoducs, puits, tous aussi pourris les uns que les autres et pas entretenus qui ont servi à l'extraction de cette fameuse ressource in-dis-pen-sable et que nous aimons tant.
Bien sûr, c'est pas le pays qui en profite : "les petro-dollars ne s'attardent pas dans la région, seuls les déchets restent."

Et bien sûr Chevron Texaco s'en fout.
James Craig, leur nouveau porte-parole, un "spécialiste" de la région (ancien journaliste), nous dit qu'en vérité le coupable c'est : Petroequador, anciennement actionnaire majoritaire de Texaco, et qui devait se charger de nettoyer 2/3 des puits.
Preuve à l'appui : il nous présente des "zones modèles" que Chevron Texaco a nettoyé. Oh c'est beau, les plantes poussent t'as vu ! Mortel, trop bien Chevron je t'aime.
Le journaliste pose des questions au sujet des fuites, des infiltrations, et là ça donne une conversation mythique :
- "Mais, et les fuites ?!"
- "C'est impossible à prouver"
- "Mais il y en forcément eu !"
- "Et ben moi je dis qu'il n'y en a peut-être pas eu."
Pas mal James, comme porte-parole tu marques des points !
Et puis il nous rappelle que aussi c'est la faute aux municipalités qui déversent les eaux usées dans les rivières et que c'est ça qui créé les maladies.
Pif paf allez emballer c'est pesé merci au revoir. (Forcément pouaaah ils sont pauvres, il sont sales)

Petit tour du coté du juge (équatorien donc) en charge du dossier : pas de secrétaire, pas d'ordinateur, il fait tout à la main, et 30000 personnes sont affectées. Toutes les 2 minutes il reçoit de nouveaux éléments.
Il a donc un peu de mal...

Petit tour du coté des militants, qui organisent des toxic-tours pour rallier certains à leur cause :
D'ailleurs, v'là le vice-président de la commission des lois des Etats-Unis qui repart conquis : "Chevron Texaco fait du lobbying au US, et bah c'est des gros méchants."

Allez... courage...


AVANT POSTES - François Condamin - Alain Rimbert
Avant-postes c'est une suite de séquences courtes sur des sujets très variés.

La Lingerie Football League est un nouveau championnat de foot américain où les joueurs sont des joueuses taille Bimbo en lingerie.
Les matchs sont diffusés à la tv et tout et tout, et si vous êtes taille mannequin vous pouvez postuler sur le site web de la fédération.
C'est les mecs qui sont contents...

Allez un ptit dernier pour la route :
OBAMATOPIA :



C'est tout pour aujourd'hui !

mardi 21 juillet 2009

A ce connard

Aujourd'hui il fait 30°, alors j'ai mis mon petit short et un débardeur.
Je suis allée à la boulangerie m'acheter un sandwich (réminiscence salariale), je me suis mise dans la queue derrière deux types, 25-30 ans, CSP- ...
Normalement les mecs dans la rue jettent des coups d'oeuil et parfois reviennent vers toi furtivement, mais sans plus. C'est normal, moi même ça m'arrive...
Mais à vingt centimètres de moi, un des mecs m'a maté des pieds à la tête tout en disant dans sa barbe, mais distinctement quand même puisque je l'ai entendu : "Oh mais c'est mignon ça".
Et il a continué à me fixer, à me fixer, de manière appuyée et insistante en espérant que je croise son regard, ce que je n'ai bien sur pas fait, sauf peut-être une micro-seconde où je lui ai lancé un regard de feu prêt à imploser pour lui faire comprendre que là il allait trop loin, mais ça ne l'a pas du tout arrêté.
En temps normal j'aurais soutenu son regard et lui aurais dit un truc agressif qui lui aurait rendu la queue basse, ou je lui aurais fait remarqué que "ça" n'était pas un terme pour désigner une personne.
Mais aujourd'hui je suis déjà assez down, et ça m'a plus donné envie de pleurer que de me mettre en colère, alors j'ai rien dit, j'ai rien fait, j'ai laissé le type me mater en fuyant son regard qui me déshabillait jusqu'à ce que ce soit à son tour de prendre son putain de sandwich.

Ça arrive tout le temps, à moi, à d'autres filles, à d'autres femmes, et ça s'appelle du harcèlement, ne jamais oublier que ce comportement n'a rien d'anodin...

mercredi 1 juillet 2009

Martha

Fassbinder - 1973 - Téléfilm (?) - Ciné Cinéma Club

Le pitch : "Un homme profite de sa richesse et de son esprit cultivé pour exercer une impitoyable domination intellectuelle et physique sur sa jeune épouse."

Une jeune femme plutôt vieille fille, subissant sa mère tarée au milieu de la bourgeoisie allemande vieillissante.
Elle rencontre un homme, beau, charismatique.
S'en suit le récit impitoyable d'un homme sadique et manipulateur, qui va petit à petit ôter l'humanité et la personnalité de Martha.
Il la laisse s'endormir en plein cagnard après lui avoir astreint de ne pas mettre de crème pour mieux bronzer -il est médecin- ("tu as la peau si blanche"), résultat brûlures sur tout le corps et là paf! il lui fait l'amour... Aïe
Il rompt son contrat de travail sans lui en parler.
Il lui dicte la musique à écouter et les livres à lire (elle apprendra par cœur un livre technique sur les barrages...)
Il jongle entre autoritarisme et souplesse dissimulatrice (il accepte la venue d'un chat pour qu'elle lui soit entièrement reconnaissante, mais il l'empoisonne ensuite, faudrait pas qu'elle ressente de l'affection pour un objet extérieur à lui)
Il lui demande de ne plus sortir seule, de rester enfermée toute la semaine ("parce que je t'aime si fort je mourrais si tu me trompais autant ne pas te soumettre à la tentation), elle lui demande alors d'avoir un enfant, il lui répond qu'avec la mère qu'elle a elle ne voudrait quand même pas faire un enfant hydrocéphale...
Il la rabaisse continuellement dans tout ce qu'elle entreprend, surtout quand c'est pour lui faire plaisir à lui, mais toujours avec subtilité, pour arriver à ce qu'elle se sente nulle et conne.

Bien sur, elle est vierge, il peut donc sans vergogne lui faire subir son dictat sexuel, violent et bestial. Après une scène de ce type (on ne voit rien, c'est Fassbinder quand même...) où elle pleure, il lui dit qu'il l'aime tellement qu'il ne peut pas se contrôler, elle culpabilise et elle lui demande pardon...

Elle sombre peu à peu dans la folie, on sent quand même chez elle une très très légère propension à la rébellion, complètement avortée à chaque tentative. Elle finit par penser qu'il va la tuer. Elle a peur mais ne comprends pas les mécanismes en jeu.

J'ai trouvé que ce n'était pas tant une histoire domestique qu'un exemple de manipulation de la conscience qu'on retrouve dans tous les domaines où les hommes interagissent entre eux : le couple bien sûr, mais aussi l'entreprise, la religion, les sectes évidemment, et généralisons joyeusement à la société organisée qui mène au dictat.

Voici sur le fond.
Sur la forme, Fassbinder, c'est pas évident. Bien sûr on reconnait une mise en scène hallucinante ou chaque scène est un tableau.
Par contre, il faut supporter la théâtralité des dialogues (redoublés), les maquillages dénués de naturel, les pauses superficielles. Ça sonne moins faux qu'un Rohmer de la grande époque, mais quand même.
Bon, Fassbinder, c'est esthétique, voilà.

Voici ce que disait Fassbinder sur son film : « Si, à la fin du film, Martha n'est plus capable de vivre seule, c'est qu'elle est parvenue à ses fins… (…) La plupart des hommes ne sont tout simplement pas capables d'opprimer les femmes aussi parfaitement qu'elles le souhaiteraient »

Non, je ne m'insurge pas sur ce propos, n'ayant aucune compassion pour les femmes assujetties au paternalisme global de la société.
Vous croyez que ce genre de domination de l'homme sur la femme n'est plus d'actualité ? Que nenni ! C'est un schéma bien ancré dans toutes les têtes dès la naissance. Le paternaliste du groupe familial, puis de l'entreprise, puis du couple, puis de la société et des gouvernements.
Pas de remise en question, ça veut dire qu'une femme acceptera bien volontiers un homme (un dur, un vrai !) et sa domination, ce qui lui permettra de se retrouver, sereine, dans le rôle qu'on lui a taillé.
C'est ainsi aussi que les hommes se font dominer (berner) par les gouvernements, c'est tellement intellectuellement plus simple de se soumettre à autrui...

Vouloir changer ça, c'est accepter d'avoir des rapports de domination, pourquoi pas (car on peut voir la domination ainsi : quand je prends la parole, je domine déjà ceux qui m'écoutent), mais bilatéraux et équilibrés, de partager les pouvoirs, de respecter les individualités.

Vaste programme.

vendredi 12 juin 2009

Antichrist

Lars von Trier - 1h44 - Cin'hoche Bagnolet

Ça, c'est du lourd !
Lorsque le vendeur du ticket, qui me voit passer pourtant 15 fois par semaine, m'a dit "je vous préviens il y a des scènes qui peuvent choquer", je lui ai gentiment souri, narquoise, en lui répondant "hein hein".
1/3 de la salle est partie... On nage dans la folie, l'angoisse, le gore, le démoniaque, le sexe et la violence crue.
Et en vérité je vous le dis, restez jusqu'à la fin et vous aurez les larmes aux yeux car, comme souvent chez Lars Von Trier, la fin justifie tout.
Oui, ce film, dont la photographie est superbe, et c'est rien de le dire, n'est pas seulement bourré de scènes humainement hyper réalistes (on comprend le prix de Gainsbourg... avec des crises d'angoisses spasmophiles plus vraies que nature par exemple...), mais est aussi un hommage flamboyant aux femmes, dans l'inhumanité historique mais pas seulement. Allez, pour me faire plaisir, je généralise : tortures, discrimination, culpabilité, sorcières, succubes, suppos de Satan, et j'en passe.
Non, Lars n'est décidément pas tendre avec les hommes, et notre sort n'a pas l'air de s'arranger...

Le film est censuré, cuté et resaucé pour le sud de l'Europe, l'Asie et les Etats-Unis, of course.

Si, contrairement à moi... en 2002 :), vous n'avez pas eu l'habitude de traîner au festival de l'étrange (la manifestation la plus décalée et extrême de l’hexagone), vous serez sans doute surpris.
En effet, ce film est un mélange entre un Takashi Miike voire Tsukamoto (voire autres réalisateurs asiatico-satanivo-pervers), Un chien andalou (Luis Buñuel) et Le projet Blair Witch...

Enfin, quand même ça se souligne, le film est dédié à Tarkowski, le dieu de Von Trier, avec Bergman, c'est lui qui le dit.

Une ovation particulière de ma part pour le morceau de musique du prologue et de l'épilogue, mais pour savoir faut il y aller :)

Phrase à méditer : "Quand les femmes pleurent, c'est qu'elles manigancent"...

lundi 1 juin 2009

Mary Poppins...

... est un film féministe

1964 - Robert Stevenson - Canal Cinema (VOD)

2ème scène : la femme revient d'un meeting des sœurs suffragettes :

... Devenons de nos mères les veng'resses
Et qu' nos filles disent et reconnaissent :
"Voilà les soeurs suffragettes !"

Voici les soldats de la révolte
Qui font la croisade
Pour que toute femme vote.
On sait qu'un homme
A des tas d' qualités
Mais on doit bien dire qu'en groupe,
Il est très stupide !

Laissons donc là les querelles d'hier.
Toutes, dans l'union, menons notre guerre.
Devenons de nos mères les veng'resses
Et qu' nos filles disent et reconnaissent :
"Voilà les soeurs suffragettes !"

De Kensington à Billingsgate,
Enfin, ce n'est qu'un cri.
Demain va, dans tout le pays, commencer notre ère.
Politiquement, l'égalité s'ra un droit affirmé.

Mais avant, mes amies, qu'on libère des prisons nos guides !
Ne plus servir, ni même obéir !

Avouez qu' çà mérite de se battre décidées et le coeur fier !

Oh! Laissons donc là les querelles d'hier.
Toutes, dans l'union, menons notre guerre.
Devenons de nos mères les veng'resses
Et qu' nos filles disent et reconnaissent :
Voilà ... les soeurs suffragettes !



3ème scène : le mari rentre du travail :

Très fier, je sens une vive satisfaction.
Mieux qu'un grand Roi
En selle sur son coursier

Quand je rentre chez moi
Et retrouve foyer et femme ...
Je vis et mène une vie aisée !

Chaque jour de même,

Je quitte à l'heure dite.
À "six heures une",
Je passe ma porte.

Ma pipe est prête ainsi qu' mes pantoufles,
À "six heures deux"...
Je vis et mène une vie aisée !

J'ai l'honneur d'être un Anglais de 1910.
Le Roi Édouard sur le trône,
C'est le règne suprème.
J' suis le Lord de mon Castel,
Le Souverain, Le Chef !
Je traîte...
- ...mes sujets, servants, enfants, femme, d'une main ferme mais délicate, noblesse oblige !

À "six heures trois",
Les Dauphins de mon Empire
Sont bien nourris,
Traîtés et bien lavés.
Une petite tape, là, sur leur tête
Et ils s'en vont au lit ...
Je vis et mène une vie aisée !

jeudi 28 mai 2009

Bienvenue dans la vraie vie des femmes

Doc - Canal+ (VOD) - 1h15 - Agnès Poirier et Virginie Lovisone

Le pitch : constat en 2009 de la place, du rôle, des perspectives, de l'éducation, des femmes, des petites filles, des jeunes femmes, en France.

Avis : un des meilleurs documentaires du moment sur le sujet. Concis, carré, énormément de sujets sont abordés, des intervenants excellents.

Et moi ? Ha bah moi j'ai été patronne donc pas victime, mais je n'étais pas seule à diriger et le pouvoir était pris... par un homme, que j'ai entendu dire des choses comme "elle n'aura pas le poste car elle vient d'avoir un enfant", et moi d'enrager... Et moi de vouloir faire en sorte que ma fille ne s'habille pas QUE en rose et arrête de ne penser QUE princesse et de ne pas y arriver car ce sont les modèles qu'on lui propose partout, et les copines à l'école... Et moi qui trouve de plus en plus de femmes de mon âge qui n'en peuvent plus de l'inertie morne de leurs hommes.
Comme si les filles de notre génération avait déjà été éduquées dans le combat de nos mères, mais que les garçons étaient restés cons, à coté...
Ma question est : Les nouveaux pères vont-ils changer la donne avec nos enfants, nos petits garçons, ou bien s'il y aura toujours ce décalage...
J'ai l'impression que les garçons ont trop été choyés par nos mères...
Bon après, les valeurs du travail, de la reine-croissance et du capitalisme chez moi... et donc l'épanouissement des femmes dans ce système de pouvoir, d'argent, d'oligarchie et j'en passe, je préfèrerais leur éviter... Mais justement est-ce que ce n'est pas là l'avenir de l'humanité ? Les femmes au pouvoir, mais un pouvoir NOUVEAU !


Extraits choisis :

Les jeunes femmes ne se rendent pas compte des difficultés qu'elles vont avoir que ce soit dans leur vie professionnelle, dans le fait de concilier vie de famille et travail, ne se rendent pas compte des inégalités latentes et encore bien présentes, car la génération des 20 ans a bien en tête la parité hommes/femmes, mais dans la réalité...

écart moyen des salaires hommes/femmes : 25%

60% des enfants de moins de 3 ans sont gardés par leur mère.

70% des chercheurs sont des hommes.

L'idée est qu'on y est presque arrivé donc plus besoin d'effort. C'est là qu'est le problème.
Ça a évolué plus dans les têtes que dans la réalité concrète.

Partout sont affichées des femmes aux corps parfaits, belles, intelligentes, alliant carrière et vie de famille avec dextérité, mais la réalité de ce que vivent les femmes est invisible.

Il y a un vrai gâchis des talents des femmes. Les femmes diplômées disparaissent, sous-exploitées...
Les femmes font plus d'études que les hommes, et ont de meilleurs résultats, mais où sont-elles après, dans le milieu professionnel ?

1971 : autant de bacheliers que de bachelières.

17% des cadres dirigeants sont des femmes, 1/3 des cadres.
Depuis 10 ans ces chiffres évoluent très peu !

France : 116ème place en terme d'égalité salariale !

En Norvège les entreprises cotées en bourse doivent avoir 40% de femmes en conseil d'administration.
Les hommes embauchent des hommes, car les gens embauchent des gens qui pensent de la même façon qu'eux.

Ndlr : le summum de l'ouverture... ils ont tellement peur qu'on leur coupe la bi... désolée :)

La question est de mobiliser les talents.

En France : Brice Hortefeux répond à Marie-Jo Zimmerman et à son projet de loi : "trop en avance sur son temps"...

Ndlr : Ah Brice, je t'aimais bien déjà quand tu étais à l'immigration et que je m'occupais de mes voisins sans-papiers...

La vice président d'Accenture-France se bat pour rameuter les femmes aux postes haut placés...
Comment fait-elle, elle : accepter de ne pas être à la hauteur tout le temps et le faire savoir, à ses enfants, à ses collègues. Ne pas mentir, ne pas dire à ses enfants que peut-être on les verra ce soir alors qu'on sait qu'on a une réunion. Apprendre à assumer ses choix.

Un homme manager est vu en tant que manager, une femme manager est vue en tant que femme.

On a besoin d'évolution dans les comportements individuels. (par rapport aux évolutions dans la pensée collective)

Les modèles éducatifs n'encouragent pas les petites filles à être ambitieuses... mais plutôt à rester dociles.

Stéréotypes et vision des femmes dans les médias : en politique, dans la pub...

Ndlr : passage très intéressant.

Chaque fois qu'il y a une distance sur le monde c'est un homme qui est montré, lorsqu'il s'agit d'émotion, qu'on se rapproche du foyer, c'est une femme qui parle.
Et cette dichotomie est masquée car les femmes sont représentées comme des super stars du système D et on leur dit "que demandez-vous de plus ?!"

En politique, les femmes doivent justifier leur existence. Les femmes sont là pour représenter la différence : différence d'origine, d'âge... et pas pour faire de la politique.
Rappel de phrases mythiques lors des présidentielles : "Mais qui va garder les enfants ?", "la politique ce n'est pas un concours de beauté !"
En politique toujours, les femmes sont toujours soit trop jolies soit pas assez.
Et pourquoi on ne commente pas la beauté et le style vestimentaire de ces chers hommes politiques ?

"Les hommes gèrent le monde, les femmes leurs agendas."
Les femmes souffrent du syndrome du post-it mental. Les femmes doivent s'occuper du bien-être général des enfants. Tout le travail émotionnel est assuré par les mères.
1974 : 75% du travail domestique pris en charge par les femmes
2009 : 66%, grâce aux femmes de ménages, appareils ménagers et surgelés !

Débat en classe de seconde :
une fille : "c'est souvent les filles qui aident leurs mères"
un garçon : "le ménage c'est plutôt pour les femmes"
un garçon : "la cuisine pour les femmes le bricolage/jardinage pour les hommes"
un garçon : "moi plus tard je laverai peut-être la cuisine"
une fille : "le garçon n'est pas dispensé de faire à manger !"
une fille : "moi je prendrai en charge le ménage, dans ma famille c'est comme ça, pour moi c'est normal"
un garçon : "on dit plein de choses mais en fait c'est toujours pareil"

Le progrès domestique masculin se chiffre en minutes ces dernières décennies.

L'inertie joue pour les garçons : "je sais pas faire", "le bordel ne me dérange pas"...
Et ce sont les femmes qui prennent en charge, au final, pour ne pas pêter un plomb...

Les magazines féminins et le dictat du corps, le marketing qui se fout de la gueule du monde (Dove vend des crèmes amincissantes nom de diou !)
Les filles sont bombardées par des injonctions normatives corporelles.
Ton corps est déterminant, tu ne peux pas y échapper.
Tout le monde sait que les objectifs qu'on nous présente sont inatteignables.
C'est donc un marché inépuisable ; une extension du domaine du marché.

413 millions d'exemplaires de magazines féminins vendus chaque année...

un garçon : "si on montrait des physiques banals ça se vendrait pas", "on y dit ce que les femmes veulent d'entendre, regardez les rédacteurs en chef ce sont toutes des femmes."
réponse de la prof : "si c'était le clan des femmes contre le clan des hommes ça se saurait"
un autre garçon : "en ce moment y a une obsession de la femme à rattraper l'homme et tout ça, mais si une femme est convaincue qu'elle est en capable elle n'a qu'à le faire"...

Ndlr : Hahaha énorme celui là !

Les magazines disent tout et leur contraire (articles contre la dictature des régimes à coté des articles comment perdre 4 kilos en 3 jours et filles maigres, bien habillées, bien maquillées, bien retouchées...)
Il y manque l'espace de la critique.

Pourquoi faut-il devenir une bombasse ? La question n'est pas posée, le modèle est donné.
Pour pouvoir plaire il faudrait se conformer aux attentes des hommes... Notre représentation se fait en fonction des hommes au lieu de nous épanouir en tant qu'être humain et d'être aimées comme telles. Alors quand le regard de l'homme ne vient pas on s'effondre...

Le modèle est irréalisable, les injonctions sont contradictoires pour les femmes. Il faut être parfaite mais ne pas culpabiliser si on n'y arrive pas.

Ndlr : j'adore les paradoxes, celui-ci fait partie de notre pain quotidien.

La France championne d'Europe de la natalité mais les 2/3 des enfants de moins de 3 ans sont gardés à la maison par les mamans parce qu'il n'y a pas assez de places en crèche !
Et paf! plus de carrière, mises au placard.
40% des femmes subissent un changement professionnel 1 an après la maternité, contre 6% des hommes.

Une seule crèche en France ouverte jour et nuit pour subvenir aux besoins des femmes qui travaillent en horaires décalés, et cette crèche se bat pour exister.

Ndlr : Mais pourquoi ?! C'est là qu'on voit le dictat des hommes !

On ne remet (presque...) pas en cause la construction des routes, qui servent à l'acheminement des biens et des personnes. Pour une crèche, c'est plus difficile, on se pose plein de questions, alors qu'elle permet la circulation des savoirs professionnels...

Ndlr : les hommes sont au pouvoir, donc ce sont eux qui prennent les décisions, pas de crèches = pas de femmes pour leur piquer le pouvoir, leur changer leurs petits principes, leur couper la bi... encore désolée :-D

La question d'une jeune mère qui travaille pose encore problème...
Or un bébé est capable d'attachements multiples et différenciés.

Une séquence exceptionnelle concerne une pub pour des couches. Un père rentre du travail et change la couche d'un bébé, et là le petit garçon urine à 3 mètres de plafond, un vrai geyser ! Sur-signification de la virilité, on pisse très loin, on éjacule très fort... un père qui change son enfant c'est de la science-fiction...

Les nouveaux-pères existent vraiment. Ils ont un super filling avec les enfants, ce qui peut d'ailleurs énerver les mères lorsqu'elles veulent que le père reste un modèle d'autorité.

Et là on voit un papa cadre qui a changé ses habitudes et profite des jeunes années de son bébé.

2 hommes cadres sur 3 aspirent à mieux conjuguer travail et paternité.
Aménager son temps pour sa famille, pour un homme, est encore tabou.
Ces aménagements ont été mis en place pour les femmes, par pour les hommes.

Il faut que les cadres dirigeants changent, car c'est par le haut que les sociétés changent.

Alors, c'est dans nos gènes ou pas de s'occuper des enfants, nous les femmes ?
La société ne s'est pas adaptée à la révolution de l'activité féminine.
Il fallait repenser les modes de garde, l'organisation du travail, le partage des tâches.
La France n'était pas prête à un vrai partage des responsabilités.

En Suède : dès la maternelle on essaie de lisser les différences filles/garçons et de changer les rôles déterministes.
Montrer que les filles aussi ont des muscles, qu'elles prennent leur place, qu'elles gagnent confiance en elles, apprendre aux garçons à se masser au lieu de se bagarrer, etc

En France : les garçons sont des bricoleurs-nés et les filles sont douées pour le ménage.

Mais NON ! C'est faux ! Le rose, les courses et le repassage ne sont pas génétiques, les cerveaux se transforment.
Les différences entre les cerveaux des individus d'un même sexe sont souvent plus importantes qu'entre les 2 sexes.
10% des connexions du cerveau seulement existent à la naissance.
C'est tout l'environnement, l'entourage, la famille, l'école qui va construire les 90% restant du cerveau du petit enfant en l'identifiant au modèle qui est donné par la société.

Au moment de l'échographie, on apprend si c'est une fille ou un garçon, et c'est là on annonce un programme déterminé, elle sera comme ci, il sera comme ça.

Les filles peuvent s'habiller en bleu mais les garçons ne s'habillent pas en rose... Ces couleurs sont hiérarchisées, le rose est inférieur au bleu !

Le fait d'aimer les poupées et les camions, ce n'est pas dans les gênes !

Les pères manient les garçons avec plus de vigueur, les filles sont elles stimulées pour communiquer.
Les garçons maitrisent par exemple l'espace plus tôt.

Des petites filles et garçons : "les filles sont plus sensibles, plus calmes, plus romantiques, elles s'habillent en rose."

Les enfants se basent sur leur environnement pour apprendre ce qu'ils doivent faire, et dans les livres pour enfants, les catalogues, la pub, les manuels scolaires, la représentation est schématique : les filles restent dans la sphère privée avec éventuellement des jeunes frères et sœurs, les garçons sont plus actifs, dehors, avec des copains, à faire du sport et des bêtises.
Papa travaille, maman est dans la cuisine, à faire la vaisselle à la main avec un tablier.
Aucune prise en compte de l'évolution de l'activité féminine.

Cour de récréation : les filles polies et dociles jouent tranquillement entre elles, les garçons se bousculent, se défient, prennent toute la place.

Résultats scolaires : les filles ont l'impression qu'elles peuvent toujours mieux faire. Entre 16 et 20 de moyenne, 100% des garçons s'estiment excellents, et beaucoup de filles s'estiment en-dessous.

une fille : "je suis contente mais j'ai baissé parce que j'ai été faignante. (16)
une fille : "je suis ni très bonne ni pas du tout bonne, je suis au milieu, je pourrais faire mieux" (16,5)
un garçon : "je suis bien, un peu comme tout le monde, je me sens à l'aise" (15)

Manque de confiance en elles... Elles anticipent dans leurs orientations universitaires leur double rôle professionnel et familial.

Ndlr : on en revient à "soit parfaite mais ne cupabilise pas si tu ne l'es pas".

J'aimerais faire commerce international mais ça va être dur de voyager, comment faire si j'ai des enfants ?
Et paf! cette anticipation fait que les femmes se limitent, elles se projettent dans des carrières moins ambitieuses.
Elles sont sur-représentées dans les très bas salaires et les bénéficiaires d'allocations.

1993 : le temps partiel est favorisé.
Résultats :
82% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.
1/3 des femmes à temps partiel souhaitent travailler plus.
Un smic à mi-temps ressemble plus à un revenu de l'assistance qu'à un revenu du travail.
"C'est un sale coup qui a été fait aux femmes."

Proclamer le droit à l'égalité salariale ne suffit pas.
Il faut aller plus loin mais aujourd'hui la question des sanctions n'est plus une priorité pour le gouvernement...

Ndlr : C'est la criiise, les femmes peuvent bien se sacrifier encore un ptit peu...

Il y a 20 ou 30 ans on se disait que les choses allaient naturellement changer.
"Il n'y a aucune pente naturelle vers l'égalité."
On se rend compte qu'il faut des mesures volontaristes pour faire bouger les choses.

Il faut accompagner les carrières des femmes car ces carrières sont particulières, créer des réseaux, et ne jamais baisser la vigilance.

"Ne jamais laisser le sujet en route. (...) Un instant de baisse d'attention et ça dérape."

Les entreprises plus équilibrées ont des résultats financiers meilleurs.
Les meilleures entreprises dans le monde ont plus de diversité à tous les niveaux.

Quel argumentaire alors ?
- La justice ("C'est pas juste") : ça marche pas
- L'économique (les femmes comme clés de la croissance) : ça marche

C'est mal barré...

mercredi 27 mai 2009

Destins de femmes sans enfant

Documentaire - Odyssée (VOD) - Isabelle Moeglin - 52 minutes

Pitch : Un doc d'une femme sur des femmes qui n'ont pas eu d'enfants. Pourquoi ?
Un choix ? Un concours de circonstances ?

Avis : Le simple fait de se poser la question en fait quelque chose d'anormal, non ? Mais évidemment, c'est rare, la grande majorité des femmes ont des enfants. Ce doc est bien fait, rien de transcendant ni de grandes découvertes, bien sûr, mais finalement ce qui transparait c'est le choix, la liberté, les thèmes que je préfère, et là en plus il s'agit des femmes. Ça vaut bien une piqure de rappel :) On sent bien également que les hommes dans l'histoire n'ont pas de mot à dire :)
Et moi ? Bha moi j'ai une petite fille de 5 ans :) Je n'imaginais pas ma vie sans enfant, je ne sais pas si j'en aurai d'autres, j'essaie de ne pas me focaliser dessus et de profiter de ce que m'apporte la vie. Ma grossesse a été un des moments les plus heureux de ma vie...


Extraits choisis :

" Il y a beaucoup d'hommes qui ne veulent plus s'engager."

"Depuis que je suis célibataire je suis plus entourée de femmes. Quand on est en couple on ne parle pas de la même chose."

"Une bouteille d'eau, sans bulles, parce que les bulles ça fait grossir."

"On essaie d'utiliser cette liberté de manière positive."

"On nous fait comprendre qu'on ne fait pas parti des gens normaux."

"Une amie me dit que je suis sûrement homosexuelle."

La vie file, travail, famille, amis, individualité, certains arrivent à tout concilier, d'autres non.

"L'énergie que je ne mets pas au service d'un enfant, je la transforme en rage de vivre."

"Il y a celles qui sont faites pour avoir leurs enfants et celles qui sont faites pour s'occuper des autres enfants."
Quand on a un enfant, on ne pourrait pas s'occuper des autres ? L'amour ne serait dirigé que vers son enfant ?

Des femmes n'ont pas d'enfant par peur de l'accouchement...

"Pour moi une femme sans enfant, ce n'est pas une femme."

"Faire un enfant est une prise de risque, tout est tellement normé de nos jours que parfois on n'a pas envie de prendre de risques..."

"La grossesse peut faire réapparaitre des douleurs, il faut s'accepter soi-même avant de faire un enfant."

La pression sociale, sous plusieurs formes :
- le besoin de réparation (donner à son enfant ce qu'on n'a pas eu, en faire ce qu'on voulait devenir) ;
- le sentiment de commisération (tu n'as pas d'enfants ? oh pardon...) ;
- le rejet ;
- la condamnation par la tolérance (vous les femmes, vous avez le droit de ne pas avoir d'enfants, mais alors vous n'êtes pas épanouies)

"Mon mari est souvent à l'étranger, pour moi c'est un grand bonheur d'être isolée, tranquille, loin de tout."

"Laisser une trace pour moi ça n'a pas de sens."

"Je n'avais pas envie d'avoir une vie réglementée. J'avais envie de vivre mes rêves.
Je n'ai jamais éprouvé le désir d'avoir des enfants."

Ma mère a toujours été malade pendant ses grossesses. Ce fut une image très perturbante, j'ai assimilé la maternité à quelque chose de très dur, de pas beau, de pas heureux."

Si une mère répète sans cesse qu'elle se sacrifie pour ses enfants les filles vont vouloir s'épanouir sans la maternité.

"Tout ce que je fais je le fais parce que je n'ai pas de boulet(s) aux pieds, un enfant aurait été catastrophique."

Son mari : "Il faudra continuer notre vie professionnelle jusqu'au bout de nos forces pour s'occuper, comme on n'a pas d'enfants, et après se posera la question de transmettre quoi, à qui... C'est un peu triste, mais les jeux sont faits."

"Ce choix s'est imposé à moi, si j'avais été à l'encontre j'aurais été à l'encontre de ce que je suis en tant que femme."

Son mari : "Il est délicat d'avoir des convictions sur une expérience qu'on ne connaît pas et qui est fondamentale pour l'humanité : donner la vie (...) quand on aura une barbe blanche peut-être aurons-nous un sentiment de vide. L'idée de voir grandir des petits n'est pas inintéressant."

10% des femmes de + de 30 ans n'ont pas procréé.

"On se sent isolé."

les femmes sans enfants, 3 types de discours :
- les circonstances (un choix qu'elles n'arriveraient pas à assumer ?) ;
- la fragilité (crainte des bouleversements physiologiques ou de transmettre son mal-être) ;
- l'épanouissement (les hommes : pas d'enfant pour ne pas avoir de contraintes, les femmes : pas d'enfant pour s'épanouir personnellement).

Ndlr : Ah les hommes ! on les reconnait bien là, enfants gâtés qui ne supportent pas les contraintes ou les frustrations. Ça les arrangent bien, ceux-là, une femme qui reste toute entière à eux...

"J'ai choisi de ne pas avoir d'enfant. Très tôt, ça n'allait pas de soi.
L'art est aussi important qu'un enfant. J'ai choisi de créer, pas de procréer."

Elle anime des séances de chant pré-natal.

"Je suis une femme qui essaye d'aider d'autres femmes."
Je culpabilisais : je me disais que comme je n'avais pas d'enfants je ne pouvais pas comprendre ce qu'elles vivaient."
"Au Maghreb une femme sans enfant n'est pas considérée comme une femme, elle est considérée comme une pauvre femme."
"Je ne suis pas frustrée, on peut le vivre autrement."

Albert Schweitzer : "J'ai appris à penser par moi-même, à regarder le monde en face et à affirmer : ceci est mon œuvre."
"Si une femme en arrive à là elle est un être libre. C'est le chemin que j'essaie d'arpenter."

Beaucoup de femmes n'ont pas voulu témoigner à cause de la pression sociale et surtout familiale, on les dit égoïstes, sans cœur, frustrées, incomplètes.

Ndlr : j'en connais aussi beaucoup (surtout des hommes...) qui disent qu'avoir des enfants c'est égoïste :)

C'est bien de cela qu'il s'agit avant tout : être femme face à son destin, avec ou sans enfant.