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vendredi 27 novembre 2009

Pan

Home, avec Isabelle Huppert
Darling, avec Marina Fois

Deux bonnes claques.
Prends ça dans tes dents.

mercredi 2 septembre 2009

La question humaine

2007 - Réalisation Nicolas Klotz - Acteur principal Mathieu Amalric
Adaptation du roman de de François Emmanuel
2h21 - Cinécinéma Club

Le pich :
Paris de nos jours.
Simon travaille comme psychologue au département des ressources humaines d’un complexe pétrochimique. Au cours d’une enquête que la direction lui confie sur un des dirigeants de l’usine, les perceptions de Simon se désorganisent puis se troublent de manière inquiétante. Simon vit cette expérience dans son corps, elle traverse sa pensée mais aussi son intimité et sa sensibilité. La tranquille certitude qui avait fait de lui un technicien rigoureux, vacille.


Ce film intrigue, non seulement par son traitement austère et froid, mais par le traitement de son sujet, ou plutôt de ses sujets.
La critique de l'univers de l'entreprise libérale et de de l'utilisation des humains, unités de production compétitives, se fait en effet métaphoriquement aux actes nazis, à la déportation des juifs et à leur extermination.
Plusieurs documents techniques nazis, expliquant par exemple comment optimiser le chargement des "marchandises" dans des camions sont lus, par Mathieu Amalric ou en voix off, pour exprimer l'éradication totale de la considération du facteur humain et son remplacement par des questions d'ordre technique.
La froideur de ces documents est d'autant plus révélé par l'image de Nicolas Klotz.
Le parallèle est fait avec le traitement des salariés, plus précisément des cadres, de l'entreprise, qui a fait l'objet d'une restructuration et du licenciement de la moitié de ses effectifs (2500 "unités"), le personnage principal ayant participé à la mise en oeuvre de cette restructuration dans le choix des personnes à licencier, choix techniques, ou le facteur humain est oublié.
Ces deux sujets s'entremêlent jusque dans la vie personnelle des personnages, et si le parallèle peut surprendre, la finesse avec laquelle il est opéré donne à ce film une âme universelle et pleine de vérité.

jeudi 27 août 2009

Le rêve de Gabriel

Documentaire - 1996 - Anne Lévy-Morelle

Le pitch :
"Riche et tranquille, à la tête d'une famille de neuf enfants, Gabriel de Halleux, un notable belge, décide en 1947 qu'il est temps de tout quitter et d'embarquer sa couvée pour la Patagonie, où le gouvernement chilien offre des concessions. Plusieurs dizaines de ses proches se rallient à son projet. Stupeur à l'arrivée: la terre promise n'est pas un paradis exotique, mais un marais glacial, à peine habitable. Qu'importe! Malgré l'indigence, ils multiplient les projets, de l'élevage de moutons à la scierie, sur dix mille hectares de terre. Même la guerre civile ne leur fera pas baisser les bras."

Je ne retiendrais qu'une phrase, celle de la conclusion, qui pourrait être le résumé ou le leitmotiv de ma vie :
"Quand ma route est difficile, quand les autres ne comprennent pas où je vais ni pourquoi j'y vais, ça ne veut pas dire que je me trompe."

Strip-tease

France 3 - 27/08/2009 - rediffusion il me semble

«Pour un putain de champ de maïs»
Le pich :
"Comment la vie quotidienne d'une tranquille commune du Gers et les petites habitudes de son maire peuvent-elles être profondément bouleversées? Il suffit que José Bové arrive au village pour éliminer les plans d'OGM qui poussent alentours. Le maire doit alors composer avec les administrés, le préfet, les gendarmes et José Bové. Autant dire qu'il lui faut, en homme politique avisé, ménager la chèvre et le chou. Il parvient même à rester en bons termes avec tout le monde. Et lorsque les anti-OGM passent à l'action pour arracher les plans de maïs transgéniques, il n'a d'autre choix que d'endurer les gaz lacrymogènes et le vacarme des hélicoptères."

Excellent, les dernières minutes de ce reportage de ST sont essentielles. Le groupe de faucheurs (un sacré groupe, composé de plusieurs centaines de gentils écolos, hommes, femmes et même quelques enfants), subit la répression de la police (touche pas à ma barrière où je te fous un coup de matraque), des CRS, et même (à vérifier je suis pas experte) de l'armée qui avait pour l'occasion amené un hélicoptère. Lacrymo en masse, détonation de machins qui pètent les tympans de tout le monde, des airs de guerre civile.
Le maire hallucine, consterné, et nous aussi.


© damienaspe.free.fr
«La preuve par la Torah».
Le pich : "Quand des juifs français arrivent en terre sainte, une des subtilités consiste à reconnaître lesquels sont arabes."

- "Est-ce qu'il y a des arabes ici ?"
- "Oh non il y a des chinois, des..."
- "Oui mais pour le travail"
- "Ah pour le travail oui pour les constructions, mais t'inquiète pas on les fait rentrer par camion, on les surveille, et tout (...) T'as vu les belles maisons qu'ils nous ont fait là-bas ?!"

- "Mais bien sûr que c'est Israël ici est-ce qu'on a besoin de l'ONU pour..."

- "Si on a autant de problèmes c'est qu'on est une minorité. Un jeune israélien doit faire un an d'armée ! Vous savez pourquoi ? C'est pour le juif qui est à New-York et qui fait ses études, et celui qui est à Paris et qui regarde la télé"

- "C'qui est étonnant c'est que les arabes eux ils ont pas du tout peur de nous, pas du tout peur !"

- "Les français qui viennent en Israël, tout le monde les veut, c'est beaucoup mieux que des russes. C'est des israéliens de qualité. Ils voudront tous la climatisation, un beau jardin bien entretenu, ce sont souvent des médecins, des avocats... Ça fait des «quartiers» de qualité"

Alyah hop !

vendredi 31 juillet 2009

L'Effet Papillon 11/07/09 (pas sûr)

L'effet Papillon - Canal+ - VOD - édition du 11/07/09 (?)

L'effet papillon est un magazine de reportages plus ou moins géopolitiques le plus censé que je connaisse. C'est d'ailleurs le seul truc de télé que je ne rate pas trop, enfin presque (vive la VOD). Bien sûr c'est assez rapide, ce n'est pas parfait, mais c'est sobre et j'aime ça, j'aime le choix des sujets, j'aime le présentateur :)

Alors cette semaine... hop c'est parti :


PASSE TON DJIHAD D'ABORD - Sofia Amara - Thomas Zribi

A Beyrouth, on compte parmi la garde du Hezbollah les "scouts du Mahdi" : 60.000 mômes de 6 à 16 ans, bon bourrage de crâne dès le berceau ("ils baignent dans la résistance dès qu'ils sont au sein"), beaucoup issus de famille de "martyrs" ("Tu veux faire quoi plus tard ? Comme papa !")

Points levés, on leur demande ce qu'ils veulent faire plus tard : "je veux devenir combattants du Hezbollah, dans la résistance"

Ah ouais super gamin ta vie est trop bien. Allez ma fille va faire un stage au lieu de jouer aux Petshop, pourrie gâtée !

J'en parlais il n'y a pas longtemps (mais au sujet du conflit israélo-palestinien, m'enfin c'est pareil non ?), justement, de ces conflits au Moyen-Orient qui ont l'air de jamais trouver de fin à cause (entre autres... parce que faut pas oublier le pouvoir, l'argent et la religion) de l'endoctrinement / du contexte de naissance (soyons politiquement correct) des nouvelles générations.
Ici, l'offensive (je mets en italique parce que c'est une expression tout à fait journalistique...) israélienne d'il y a 2 ans a renforcé La Haine : "Le Hezbollah grandit sur les ruines de la guerre".

Images d'une réunion pour les 6-8 ans : discipline, prière... apprentissage de ce qu'il faut faire quand on part pour devenir un martyr : "Que faut-il faire en dernier les enfants ?" Réponse en coeur : "Dire au revoir à sa maman !"
Gloups !? Y aurait pas comme un problème là ? Rewind...

Pour les filles : voile obligatoire à 8 ans.

"Le Hezbollah est là pour nous défendre et défendre notre religion."

Dans les livres d'éducation : on apprend à reconnaitre l'ennemi : Israël.
Mais à part ça : "C'est un mouvement civil et éducatif". Sauf que la priorité est donné à l'apprentissage de la religion et des valeurs du Djihad.
"Ce sont les martyrs en formation".

Un bon matraquage idéologique qui mélange tout, ça fait une bonne génération de petits soldats lobotomisés prêts à prendre la relève.
Allez hop c'est reparti pour un tour. Eclatez-vous bien la gueule, ça fait plaisir au grands de ce monde.


DU GOUDRON ET DES PLUMES - Cyprien d'Haese

En Equateur, une partie de la région amazonienne grosse comme 1/4 de la France est contaminée par l'exploitation du pétrole depuis 40 ans.
L'exploitation s'est faite par la firme Texaco, maintenant Chevron Texaco (vous savez bien, une de ses multinationales pleines de thunes proches des gouvernements, qui exploitent le monde, ses ressources et ses humains, au profit d'une poignée de connards)

Donc tout le problème se situe au niveau des déchets pétroliers, qui s'infiltrent partout et qui contaminent l'eau, et comme bah y a pas d'eau courante mais qu'elle vient des puits de la région bah y a plein de maladies et de morts : 2 fois + de cancer, et les malades meurent 4 fois + qu'ailleurs.

Le gouvernement équatorien a porté plainte (et c'est assez inédit qu'un pays "pauvre" porte plainte contre une multinationale), l'amende encourue pourrait être de 6 milliards d'euros, et ça fait 15 ans que ça dure.

Mais non, en fait, le pays n'est pas "pauvre", car niveau ressources naturelles il a plein de pétrole, et oui ! Le pétrole se trouve au cœur de la région amazonienne, vous voyez à quoi peut ressembler la forêt amazonienne, le poumon de l'humanité ? Bah vous prenez la même image et vous ajoutez plein de trucs poisseux et noirs partout.
Donc ces déchets pétroliers proviennent des divers oléoducs, puits, tous aussi pourris les uns que les autres et pas entretenus qui ont servi à l'extraction de cette fameuse ressource in-dis-pen-sable et que nous aimons tant.
Bien sûr, c'est pas le pays qui en profite : "les petro-dollars ne s'attardent pas dans la région, seuls les déchets restent."

Et bien sûr Chevron Texaco s'en fout.
James Craig, leur nouveau porte-parole, un "spécialiste" de la région (ancien journaliste), nous dit qu'en vérité le coupable c'est : Petroequador, anciennement actionnaire majoritaire de Texaco, et qui devait se charger de nettoyer 2/3 des puits.
Preuve à l'appui : il nous présente des "zones modèles" que Chevron Texaco a nettoyé. Oh c'est beau, les plantes poussent t'as vu ! Mortel, trop bien Chevron je t'aime.
Le journaliste pose des questions au sujet des fuites, des infiltrations, et là ça donne une conversation mythique :
- "Mais, et les fuites ?!"
- "C'est impossible à prouver"
- "Mais il y en forcément eu !"
- "Et ben moi je dis qu'il n'y en a peut-être pas eu."
Pas mal James, comme porte-parole tu marques des points !
Et puis il nous rappelle que aussi c'est la faute aux municipalités qui déversent les eaux usées dans les rivières et que c'est ça qui créé les maladies.
Pif paf allez emballer c'est pesé merci au revoir. (Forcément pouaaah ils sont pauvres, il sont sales)

Petit tour du coté du juge (équatorien donc) en charge du dossier : pas de secrétaire, pas d'ordinateur, il fait tout à la main, et 30000 personnes sont affectées. Toutes les 2 minutes il reçoit de nouveaux éléments.
Il a donc un peu de mal...

Petit tour du coté des militants, qui organisent des toxic-tours pour rallier certains à leur cause :
D'ailleurs, v'là le vice-président de la commission des lois des Etats-Unis qui repart conquis : "Chevron Texaco fait du lobbying au US, et bah c'est des gros méchants."

Allez... courage...


AVANT POSTES - François Condamin - Alain Rimbert
Avant-postes c'est une suite de séquences courtes sur des sujets très variés.

La Lingerie Football League est un nouveau championnat de foot américain où les joueurs sont des joueuses taille Bimbo en lingerie.
Les matchs sont diffusés à la tv et tout et tout, et si vous êtes taille mannequin vous pouvez postuler sur le site web de la fédération.
C'est les mecs qui sont contents...

Allez un ptit dernier pour la route :
OBAMATOPIA :



C'est tout pour aujourd'hui !

mardi 21 juillet 2009

A ce connard

Aujourd'hui il fait 30°, alors j'ai mis mon petit short et un débardeur.
Je suis allée à la boulangerie m'acheter un sandwich (réminiscence salariale), je me suis mise dans la queue derrière deux types, 25-30 ans, CSP- ...
Normalement les mecs dans la rue jettent des coups d'oeuil et parfois reviennent vers toi furtivement, mais sans plus. C'est normal, moi même ça m'arrive...
Mais à vingt centimètres de moi, un des mecs m'a maté des pieds à la tête tout en disant dans sa barbe, mais distinctement quand même puisque je l'ai entendu : "Oh mais c'est mignon ça".
Et il a continué à me fixer, à me fixer, de manière appuyée et insistante en espérant que je croise son regard, ce que je n'ai bien sur pas fait, sauf peut-être une micro-seconde où je lui ai lancé un regard de feu prêt à imploser pour lui faire comprendre que là il allait trop loin, mais ça ne l'a pas du tout arrêté.
En temps normal j'aurais soutenu son regard et lui aurais dit un truc agressif qui lui aurait rendu la queue basse, ou je lui aurais fait remarqué que "ça" n'était pas un terme pour désigner une personne.
Mais aujourd'hui je suis déjà assez down, et ça m'a plus donné envie de pleurer que de me mettre en colère, alors j'ai rien dit, j'ai rien fait, j'ai laissé le type me mater en fuyant son regard qui me déshabillait jusqu'à ce que ce soit à son tour de prendre son putain de sandwich.

Ça arrive tout le temps, à moi, à d'autres filles, à d'autres femmes, et ça s'appelle du harcèlement, ne jamais oublier que ce comportement n'a rien d'anodin...

jeudi 2 juillet 2009

Les rois du monde

Documentaire - Strip-tease - France 3

Le pitch : "Plongée dans l'univers des pacifistes, qui mènent des actions sur divers fronts pour tenter de faire changer le monde et évoluer cette société qui ne leur convient plus. Les suivre au quotidien, filmer leur mode de vie et leur rapport aux autres permet d'en découvrir davantage sur ces personnes qui n'ont jamais perdu leur foi en l'humanité."

On commence à connaitre les activistes *pacifistes*, habillés en clown devant les CRS, groupe de mamies bloquant l'enrôlement des recrues pour l'Irak...
Ces types d'actions existent essentiellement pour attirer les médias et donc communiquer sur des événements, des *causes*...
Ce ne sont pas des actions chocs, ce ne sont pas des activistes de l'ombre, ce sont des : gentils.

Question : est-ce que des gentils peuvent changer le monde ?
Deuxième question : les médias faisant parti des choses à changer, n'est-ce pas vain ?

Alors, drapeau noir ou drapeau blanc ?

mercredi 1 juillet 2009

Martha

Fassbinder - 1973 - Téléfilm (?) - Ciné Cinéma Club

Le pitch : "Un homme profite de sa richesse et de son esprit cultivé pour exercer une impitoyable domination intellectuelle et physique sur sa jeune épouse."

Une jeune femme plutôt vieille fille, subissant sa mère tarée au milieu de la bourgeoisie allemande vieillissante.
Elle rencontre un homme, beau, charismatique.
S'en suit le récit impitoyable d'un homme sadique et manipulateur, qui va petit à petit ôter l'humanité et la personnalité de Martha.
Il la laisse s'endormir en plein cagnard après lui avoir astreint de ne pas mettre de crème pour mieux bronzer -il est médecin- ("tu as la peau si blanche"), résultat brûlures sur tout le corps et là paf! il lui fait l'amour... Aïe
Il rompt son contrat de travail sans lui en parler.
Il lui dicte la musique à écouter et les livres à lire (elle apprendra par cœur un livre technique sur les barrages...)
Il jongle entre autoritarisme et souplesse dissimulatrice (il accepte la venue d'un chat pour qu'elle lui soit entièrement reconnaissante, mais il l'empoisonne ensuite, faudrait pas qu'elle ressente de l'affection pour un objet extérieur à lui)
Il lui demande de ne plus sortir seule, de rester enfermée toute la semaine ("parce que je t'aime si fort je mourrais si tu me trompais autant ne pas te soumettre à la tentation), elle lui demande alors d'avoir un enfant, il lui répond qu'avec la mère qu'elle a elle ne voudrait quand même pas faire un enfant hydrocéphale...
Il la rabaisse continuellement dans tout ce qu'elle entreprend, surtout quand c'est pour lui faire plaisir à lui, mais toujours avec subtilité, pour arriver à ce qu'elle se sente nulle et conne.

Bien sur, elle est vierge, il peut donc sans vergogne lui faire subir son dictat sexuel, violent et bestial. Après une scène de ce type (on ne voit rien, c'est Fassbinder quand même...) où elle pleure, il lui dit qu'il l'aime tellement qu'il ne peut pas se contrôler, elle culpabilise et elle lui demande pardon...

Elle sombre peu à peu dans la folie, on sent quand même chez elle une très très légère propension à la rébellion, complètement avortée à chaque tentative. Elle finit par penser qu'il va la tuer. Elle a peur mais ne comprends pas les mécanismes en jeu.

J'ai trouvé que ce n'était pas tant une histoire domestique qu'un exemple de manipulation de la conscience qu'on retrouve dans tous les domaines où les hommes interagissent entre eux : le couple bien sûr, mais aussi l'entreprise, la religion, les sectes évidemment, et généralisons joyeusement à la société organisée qui mène au dictat.

Voici sur le fond.
Sur la forme, Fassbinder, c'est pas évident. Bien sûr on reconnait une mise en scène hallucinante ou chaque scène est un tableau.
Par contre, il faut supporter la théâtralité des dialogues (redoublés), les maquillages dénués de naturel, les pauses superficielles. Ça sonne moins faux qu'un Rohmer de la grande époque, mais quand même.
Bon, Fassbinder, c'est esthétique, voilà.

Voici ce que disait Fassbinder sur son film : « Si, à la fin du film, Martha n'est plus capable de vivre seule, c'est qu'elle est parvenue à ses fins… (…) La plupart des hommes ne sont tout simplement pas capables d'opprimer les femmes aussi parfaitement qu'elles le souhaiteraient »

Non, je ne m'insurge pas sur ce propos, n'ayant aucune compassion pour les femmes assujetties au paternalisme global de la société.
Vous croyez que ce genre de domination de l'homme sur la femme n'est plus d'actualité ? Que nenni ! C'est un schéma bien ancré dans toutes les têtes dès la naissance. Le paternaliste du groupe familial, puis de l'entreprise, puis du couple, puis de la société et des gouvernements.
Pas de remise en question, ça veut dire qu'une femme acceptera bien volontiers un homme (un dur, un vrai !) et sa domination, ce qui lui permettra de se retrouver, sereine, dans le rôle qu'on lui a taillé.
C'est ainsi aussi que les hommes se font dominer (berner) par les gouvernements, c'est tellement intellectuellement plus simple de se soumettre à autrui...

Vouloir changer ça, c'est accepter d'avoir des rapports de domination, pourquoi pas (car on peut voir la domination ainsi : quand je prends la parole, je domine déjà ceux qui m'écoutent), mais bilatéraux et équilibrés, de partager les pouvoirs, de respecter les individualités.

Vaste programme.

Ne sauvons pas le système qui nous broie ! Manifeste pour une désobeissance générale

par : le Sous-Comité décentralisé des gardes-barrières en alternance (SCCDGBEA :-D)
édition : le passager clandestin

Si vous avez 1 € à dépenser et 15 mn de votre temps, achetez ce petit bouquin et asseyez-vous à une terrasse de café.

Rien de neuf, des constats, pas de solution, mais quand même ça fait du bien.
Peut-être faudrait-il plutôt l'offrir, choose your target and run (... not) !

lundi 22 juin 2009

en Iran... et ailleurs

Dur dur pour les autorités iraniennes de réduire à néant les manifs de l'opposition. Et oui, le réseau des réseaux est là, impossible de faire le black-out, la jeunesse iranienne est équipée, sait se servir de twitter, de facebook et de leurs portables ; le sang coule et ça se voit.
Et ce n'est pas en essayant d'éteindre 3 routeurs que les petits malins ne vont pas en mettre en place 5 autres...
Adieu black-out, bonjour insurrection, vive la technologie ! (La Décroissance va pas être contente, allez embrassons les paradoxes et fuyons la radicalité pour mieux anéantir les radicaux :-D)

Pendant ce temps en France, on a plus le droit de porter de cagoule pendant une manifestation...

A part ça un français a dépassé la barre des 6 mètres au saut en hauteur, et plus d'1/6ème de la population mondiale crève de f... heu pardon, est sous-alimentée.

Allez, mangez des cochons, c'est tout bon !

mercredi 27 mai 2009

Destins de femmes sans enfant

Documentaire - Odyssée (VOD) - Isabelle Moeglin - 52 minutes

Pitch : Un doc d'une femme sur des femmes qui n'ont pas eu d'enfants. Pourquoi ?
Un choix ? Un concours de circonstances ?

Avis : Le simple fait de se poser la question en fait quelque chose d'anormal, non ? Mais évidemment, c'est rare, la grande majorité des femmes ont des enfants. Ce doc est bien fait, rien de transcendant ni de grandes découvertes, bien sûr, mais finalement ce qui transparait c'est le choix, la liberté, les thèmes que je préfère, et là en plus il s'agit des femmes. Ça vaut bien une piqure de rappel :) On sent bien également que les hommes dans l'histoire n'ont pas de mot à dire :)
Et moi ? Bha moi j'ai une petite fille de 5 ans :) Je n'imaginais pas ma vie sans enfant, je ne sais pas si j'en aurai d'autres, j'essaie de ne pas me focaliser dessus et de profiter de ce que m'apporte la vie. Ma grossesse a été un des moments les plus heureux de ma vie...


Extraits choisis :

" Il y a beaucoup d'hommes qui ne veulent plus s'engager."

"Depuis que je suis célibataire je suis plus entourée de femmes. Quand on est en couple on ne parle pas de la même chose."

"Une bouteille d'eau, sans bulles, parce que les bulles ça fait grossir."

"On essaie d'utiliser cette liberté de manière positive."

"On nous fait comprendre qu'on ne fait pas parti des gens normaux."

"Une amie me dit que je suis sûrement homosexuelle."

La vie file, travail, famille, amis, individualité, certains arrivent à tout concilier, d'autres non.

"L'énergie que je ne mets pas au service d'un enfant, je la transforme en rage de vivre."

"Il y a celles qui sont faites pour avoir leurs enfants et celles qui sont faites pour s'occuper des autres enfants."
Quand on a un enfant, on ne pourrait pas s'occuper des autres ? L'amour ne serait dirigé que vers son enfant ?

Des femmes n'ont pas d'enfant par peur de l'accouchement...

"Pour moi une femme sans enfant, ce n'est pas une femme."

"Faire un enfant est une prise de risque, tout est tellement normé de nos jours que parfois on n'a pas envie de prendre de risques..."

"La grossesse peut faire réapparaitre des douleurs, il faut s'accepter soi-même avant de faire un enfant."

La pression sociale, sous plusieurs formes :
- le besoin de réparation (donner à son enfant ce qu'on n'a pas eu, en faire ce qu'on voulait devenir) ;
- le sentiment de commisération (tu n'as pas d'enfants ? oh pardon...) ;
- le rejet ;
- la condamnation par la tolérance (vous les femmes, vous avez le droit de ne pas avoir d'enfants, mais alors vous n'êtes pas épanouies)

"Mon mari est souvent à l'étranger, pour moi c'est un grand bonheur d'être isolée, tranquille, loin de tout."

"Laisser une trace pour moi ça n'a pas de sens."

"Je n'avais pas envie d'avoir une vie réglementée. J'avais envie de vivre mes rêves.
Je n'ai jamais éprouvé le désir d'avoir des enfants."

Ma mère a toujours été malade pendant ses grossesses. Ce fut une image très perturbante, j'ai assimilé la maternité à quelque chose de très dur, de pas beau, de pas heureux."

Si une mère répète sans cesse qu'elle se sacrifie pour ses enfants les filles vont vouloir s'épanouir sans la maternité.

"Tout ce que je fais je le fais parce que je n'ai pas de boulet(s) aux pieds, un enfant aurait été catastrophique."

Son mari : "Il faudra continuer notre vie professionnelle jusqu'au bout de nos forces pour s'occuper, comme on n'a pas d'enfants, et après se posera la question de transmettre quoi, à qui... C'est un peu triste, mais les jeux sont faits."

"Ce choix s'est imposé à moi, si j'avais été à l'encontre j'aurais été à l'encontre de ce que je suis en tant que femme."

Son mari : "Il est délicat d'avoir des convictions sur une expérience qu'on ne connaît pas et qui est fondamentale pour l'humanité : donner la vie (...) quand on aura une barbe blanche peut-être aurons-nous un sentiment de vide. L'idée de voir grandir des petits n'est pas inintéressant."

10% des femmes de + de 30 ans n'ont pas procréé.

"On se sent isolé."

les femmes sans enfants, 3 types de discours :
- les circonstances (un choix qu'elles n'arriveraient pas à assumer ?) ;
- la fragilité (crainte des bouleversements physiologiques ou de transmettre son mal-être) ;
- l'épanouissement (les hommes : pas d'enfant pour ne pas avoir de contraintes, les femmes : pas d'enfant pour s'épanouir personnellement).

Ndlr : Ah les hommes ! on les reconnait bien là, enfants gâtés qui ne supportent pas les contraintes ou les frustrations. Ça les arrangent bien, ceux-là, une femme qui reste toute entière à eux...

"J'ai choisi de ne pas avoir d'enfant. Très tôt, ça n'allait pas de soi.
L'art est aussi important qu'un enfant. J'ai choisi de créer, pas de procréer."

Elle anime des séances de chant pré-natal.

"Je suis une femme qui essaye d'aider d'autres femmes."
Je culpabilisais : je me disais que comme je n'avais pas d'enfants je ne pouvais pas comprendre ce qu'elles vivaient."
"Au Maghreb une femme sans enfant n'est pas considérée comme une femme, elle est considérée comme une pauvre femme."
"Je ne suis pas frustrée, on peut le vivre autrement."

Albert Schweitzer : "J'ai appris à penser par moi-même, à regarder le monde en face et à affirmer : ceci est mon œuvre."
"Si une femme en arrive à là elle est un être libre. C'est le chemin que j'essaie d'arpenter."

Beaucoup de femmes n'ont pas voulu témoigner à cause de la pression sociale et surtout familiale, on les dit égoïstes, sans cœur, frustrées, incomplètes.

Ndlr : j'en connais aussi beaucoup (surtout des hommes...) qui disent qu'avoir des enfants c'est égoïste :)

C'est bien de cela qu'il s'agit avant tout : être femme face à son destin, avec ou sans enfant.